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Croix-Rouge de Belgique
20.03.2026 |

10 ans après les attentats du 22 mars, les 10 évolutions qui rendent la Croix-Rouge plus forte face aux crises

À l’approche du 10ᵉ anniversaire des attentats du 22 mars 2016, la Croix-Rouge de Belgique rend hommage aux victimes et à toutes les personnes marquées par cette journée qui a profondément bouleversé le pays. Depuis lors, l’organisation a renforcé sa préparation aux situations d’urgence : formations spécifiques, matériel modernisé, système d’alerte plus rapide et plus efficace. Ces évolutions permettent aujourd’hui d’intervenir plus rapidement, plus efficacement et avec des moyens renforcés lors de crises majeures. 

Les 10 évolutions majeures depuis 2016

1. Mobilisation plus rapide des équipes
Grâce au système FACT24, les volontaires peuvent être mobilisés instantanément par SMS, email ou téléphone. En quelques secondes tout le monde reçoit l’alerte en même temps, là où il ya 10 ans les personnes étaient prévenues individuellement par « pagers » ou « bippers ».

2. Ambulances renforcées
Toutes les ambulances Croix-Rouge sont équipées de matériel supplémentaire pour intervenir lors de catastrophes. Et cette flotte est constamment renouvelée.

3. Formation aux blessures très graves 
Les secouristes et ambulanciers sont formés aux techniques de « Damage Control » et à la gestion des blessures que l’on rencontre dans des situations de catastrophes.

4. Matériel adapté aux hémorragies massives
Les équipes disposant de garrots, de matériel hémostatique et d’équipements spécialisés pour traiter rapidement les hémorragies massives.

5. Véhicules d’intervention spécialisés
La Croix-Rouge dispose aujourd’hui de 16 véhicules First Intervention Team (FIT) et chaque FIT est capable de prendre en charge jusqu’à 60 victimes, dont 10 en urgence absolue. Des véhicules logistiques contiennent en outre des générateurs et des postes de secours gonflables, que l’on peut déployer partout, en très peu de temps.

6. Soutien psychosocial renforcé
Le 22 mars, la ligne d’information 1771 du Centre national de crise a été submergée d’appels chargés d’émotion : peur, panique, personnes attendant désespérément des nouvelles. Pour la première fois, les volontaires du Service d’intervention psychosociale urgente (SISU) ont été mobilisés pour gérer professionnellement ces demandes dans un centre de contact. C’est désormais une pratique standard en situations d’urgence. Le SISU accompagne les victimes et leurs proches pendant et après les crises. La formation des volontaires a été élargie à l’écoute active, à l’accompagnement du deuil et à l’intervention en situation de crise.

7. Accompagnement dans la durée
Un dispositif de soutien psychosocial continu, notamment par téléphone, permet d’accompagner les personnes touchées sur le long terme.

8. Traçabilité des victimes
Le système Belgian Incident Tracking System (BITS) permet d’identifier et de suivre les victimes grâce à des bracelets QR code, même sans réseau. Chaque ambulance est équipée de ce matériel.

9. Coordination renforcée avec les autorités
Les procédures d’intervention ont été améliorées entre les services de secours afin d’assurer une meilleure coordination en cas de catastrophe.

10.  Exercices catastrophe réguliers
Des exercices sont organisés au moins une fois par an à Bruxelles et plusieurs fois en Wallonie pour maintenir un haut niveau de préparation.

Le 22 mars 2016 : une mobilisation exceptionnelle

Le 22 mars 2016, plus de 600 membres de la Croix-Rouge se sont mobilisés spontanément pour venir en aide aux victimes.
Secouristes, ambulanciers et intervenants psychosociaux ont été rapidement déployés à Zaventem et à Maelbeek. Un poste de secours d’urgence a été installé dans le hall d’un hôtel face à la station de métro, où près d’une centaine de victimes ont été prises en charge.

Le temps semblait s’être arrêté. La journée paraissait durer une éternité. On ne peut jamais être préparé à ça.

Gilles Thésin, membre de l’équipe médicale de la Croix-Rouge à Bruxelles, était secouriste volontaire et en stage infirmier lorsqu’il a été informé sur son « pager » d’une explosion à Zaventem. Il se préparait à se rendre sur place quand l’ambulance a été déviée vers Maelbeek, où une seconde explosion est lieu de se produire. Il était parmi les premiers intervenants sur place.

 C’était tellement grave, on était dans une phase de sidération , en mode automatique, comme si on voyait la scène de l’extérieur .

Les équipes psychosociales ont également été mobilisées : à la centrale d’appel 1771, pour gérer les nombreux appels de proches, à l’aéroport de Zaventem, dans les hôpitaux et pour accompagner les familles endeuillées.
Enfin, grâce à l’immense élan de solidarité du public, le Service du Sang de la Croix-Rouge de Belgique a prélevé en 3 jours plus de 3000 poches de sang, avec un pic le jour des attentats à 1457 prélèvements.

Une mission : préparer, secourir, accompagner

Les enseignements tirés des attentats ont permis à la Croix-Rouge d’être aujourd’hui encore plus rapide, mieux coordonnée et mieux préparée pour protéger la population lors de chaque crise.
À l’approche de ce 10ᵉ anniversaire, la Croix-Rouge de Belgique tient à exprimer toute sa solidarité aux victimes, à leurs familles et à toutes les personnes touchées par ces événements, y compris ses propres équipes.

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