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Croix-Rouge de Belgique
22.03.2021 | Croix-Rouge

5 ans après les attentats de Bruxelles, la Croix-Rouge se souvient et améliore encore ses procédures

Pour les secouristes, les ambulanciers, les infirmiers et tous les intervenants psycho-sociaux de la Croix-Rouge, la date anniversaire des attentats de Bruxelles et Zaventem ravive de sombres souvenirs.  L’impact a été énorme et nos équipes ont été confrontées à des blessures auxquelles personne n’était habitué avant ce tragique 22 mars 2016.

Ce lundi, deux ambulances et 7 membres de la Croix-Rouge (médecin, infirmiers, ambulanciers, secouristes) participeront aux commémorations au mémorial à Schuman et devant la station Maelbeek. Plusieurs étaient présents lors de cette triste journée. Comme Gilles De Schepper, secouriste, qui coordonne actuellement les centres Croix-Rouge de Testing Covid à Bruxelles et qui assurait en 2016 la coordonnation du poste médical avancé installé à la hâte dans un hôtel, face à la station Maelbeek.
« Oui, je m’en souviens chaque année, même si les années passent… On vit avec, on espère juste que cela n’arrivera plus jamais. »

Depuis cinq ans, la Croix-Rouge a adapté et amélioré, à la fois, le matériel et la formation des volontaires d’intervention rapide.

  •  Nous disposons de 2 véhicules FIT immédiatement disponibles. FIT pour « first intervention team » : ces véhicules contiennent tout le nécessaire d’urgence pour soigner 10 victimes en urgence absolue, 20 victimes en urgence « relative » et 30 victimes présentant des blessures superficielles. Ils sont de garde 7 jours 7, 24h/24. Et au minimum trois coordinateurs, dont Gilles, se tiennent prêts à partir sur le champ en cas d’urgence. Des exercices « cata » sont réguliers pour tester les procédures.
  • Les inventaires médicaux vont faire l’objet d’un groupe de travail au Conseil National des Secours Médicaux d’Urgence dont la Croix-Rouge fait partie
  • Très prochainement, nous disposerons d’un nouveau logiciel pour l’enregistrement et la traçabilité des victimes, à savoir le « Belgian Incident Traking System (BITS) », capable de fonctionner sur PC, tablette et GSM, avec ou sans réseau data. La formation et des exercices sont actuellement en cours avec le SPF Santé Publique et les retours sont très positifs.
  • Nous avons intégré depuis 5 ans les principes de TCCC (tactical combat casuality care) dans l’aide médicale urgente. Cela signifie, concrètement, que tous les volontaires formés à l’intervention rapide sont aussi formés, depuis l’été 2016, au TCCC. Il s’agit notamment d’appréhender certaines techniques de secours militaires adaptées aux blessures de guerre, comme la gestion des hémorragies, le garrot tourniquet, ou le bandage compressif. Des mises à jours de ces formations sont régulières.
  • La Croix-Rouge a amélioré le système d’alerte qui se déclenche en cas de désastre ou d’attentat.  « Poppy alert », mis au point par un secouriste-ambulancier volontaire, ingénieur de métier, permet d’envoyer automatiquement et simultanément trois signaux à tous les intervenants secours: par mail, par SMS et par un bip sur le « pager » Astrid. Tous les véhicules FIT en sont équipés, ainsi que certains hôpitaux bruxellois. En quelques secondes, le responsable des secours de Bruxelles-Capitale, peut, avec son GSM, alerter tous ses volontaires en cas de cata. Et recevoir tout aussi rapidement leurs réponses par SMS. Cette gestion automatisée de l’avertissement et, surtout, de la réponse permet de gagner un temps précieux !
  • La Croix-Rouge collabore étroitement avec la SPF Santé Publique à la mise en œuvre d’un « maxi » plan d’intervention psychosociale. La Croix-Rouge plaide en faveur d’une meilleure collaboration entre tous les services psychosociaux : SPF, les hôpitaux, les communes, les SPAV afin de proposer une offre de services complète, claire et professionnelle aux impliqués directs et indirects.

La Croix-Rouge de Bruxelles-Capitale a investi depuis les attentats de Bruxelles plus de 80.000€ en matériel d’urgence supplémentaire, en fonction des blessures que les secouristes ont eu à traiter le 22 mars. De nouveaux investissements à hauteur de 150.000 € étaient budgétés en 2020, mais ont été reportés à 2021 en raison de la crise sanitaire, afin de renouveler la flotte de véhicules d’urgence.

Rappel des faits

Le 22 mars 2016, au total, près de 400 intervenants (infirmiers, secouristes, ambulanciers, psychosocial…) de la Croix-Rouge étaient sur le terrain à Zaventem et Maelbeek. Plus de 80 ambulances ont convoyé les victimes vers 30 hôpitaux différents au départ de Zaventem ou de Maelbeek. A la sortie du métro, l’hôtel Thon EU, transformé en poste médical, a accueilli une centaine de victimes.
Les équipes psycho-sociales (SISU) étaient présentes à la centrale d’appel 1771, à Zaventem, ou intervenaient pour soutenir les victimes et leurs familles à l’hôpital militaire de Neder-over-Heembeek et l’hôpital universitaire Gasthuisberg à Louvain. Ces interventions se sont prolongées plus d’une semaine (37 volontaires sont intervenus pour la Croix-Rouge de Belgique, communauté francophone).
Un accueil de crise a également été mis en place pour quelque 1.500 passagers en transit bloqués à Zaventem à cause de l’attentat.

Témoignage

Gaëtan Meuleman, secouriste Croix-Rouge à la Section Locale de Ganshoren : « Je suis entré à la Croix-Rouge à l’âge de 16 ans, puis je l’ai quittée à cause de mes obligations professionnelles, je suis infirmier urgentiste et je dirige une maison de repos. Le 22 mars 2016, j’ai entendu à la radio l’info de l’explosion à Maelbeek. Je suis parti tout de suite sur les lieux pour porter assistance comme infirmier urgentiste, j’ai rejoint les équipes de la Croix-Rouge à l’hôtel Thon et j’y ai soigné des victimes en état grave : le flux était incessant, on ne voyait pas la fin. Depuis lors, je suis redevenu membre des équipes Croix-Rouge à part entière; j’ai notamment assuré de nombreuses gardes ambulance pour le transport des patients covid. Je fais cela après mon travail en maison de repos. A l’époque, on a tous décliné le soutien psy en disant qu’on n’en avait pas besoin, que c’était gérable. Mais après deux ans j’en ai vu un. Pour tous ceux qui sont intervenus, le 22 mars reste une journée noire, une journée que l’on n’oublie pas. C’est comme si c’était hier ».

La Croix-Rouge tient encore à remercier chaleureusement tous les volontaires intervenus ce jour-là, la plupart se sont dégagés sur le champ de leurs obligations professionnelles afin de faire ce pour quoi ils sont formés: aider.