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Croix-Rouge de Belgique
09.10.2020 | Coronavirus

Le Covid-19 affecte la santé mentale d’une personne sur deux, selon une nouvelle enquête de la Croix-Rouge

Dans une enquête du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) réalisée dans sept pays, la moitié des personnes interrogées (51%) ont indiqué que la pandémie de Covid-19 avait des effets négatifs sur leur santé mentale.

Dans un nouveau rapport intitulé The greatest need was to be listened to: The importance of mental health and psychosocial support during COVID-19 (le besoin impérieux d’être écouté : l’importance de la santé mentale et du soutien psychosocial dans le contexte du Covid-19), le Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge démontre comment la pandémie est venue augmenter considérablement le niveau de stress et de souffrance de communautés du monde entier.

La santé mentale aussi importante que la santé physique

La crise aggrave les problèmes de santé mentale existants, engendre de nouveaux maux, et réduit encore davantage l’accès aux soins. Face à une telle situation, il devient urgent d’augmenter le financement affecté aux activités de santé mentale et de soutien psychosocial dans le cadre des interventions humanitaires.

« La crise sanitaire du Covid-19 a exacerbé la détresse psychologique de millions de personnes déjà confrontées à une situation de conflit ou de catastrophe. Les restrictions liées au confinement, la perte de contacts sociaux et la pression économique sont autant de facteurs qui pèsent sur la santé mentale et l’accès aux soins », indique le directeur général du CICR, Robert Mardini. « La santé mentale est aussi importante que la santé physique, surtout en temps de crise, quand les besoins sont particulièrement critiques. »

Les travailleurs de première ligne aussi touchés

Le rapport souligne également les besoins urgents en santé mentale des personnes qui sont en première ligne de la pandémie – des personnels de santé aux volontaires, en passant par les travailleurs communautaires, les travailleurs sociaux, les préposés à l’enlèvement des corps, les dirigeants communautaires et bien d’autres.

Parmi les répondants à l’enquête, près de trois sur quatre (73%) ont déclaré que les agents de santé de première ligne et les premiers intervenants ont plus besoin de soutien en santé mentale que la plupart des gens. Ces professionnels sont souvent en contact directs avec le virus du Covid-19, ils enchaînent les longues heures de travail et sont immanquablement exposés à des situations de stress et à la stigmatisation lorsqu’ils viennent en aide aux communautés touchées par une catastrophe. Ils ont besoin de soins et de soutien pour pouvoir continuer à fournir une prise en charge appropriée.

« Les programmes de santé mentale font partie des interventions humanitaires les moins coûteuses, alors que leur apport est inestimable et qu’ils peuvent sauver des vies », explique Jagan Chapagain, secrétaire général de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. « Aujourd’hui plus que jamais, nous devons investir dans la santé mentale et le soutien psychosocial en faveur de tous – les communautés aussi bien que les soignants – pour aider les gens à s’adapter, à reconstruire leur vie et à s’épanouir malgré cette crise. »

Les recommandations du Mouvement international de la Croix-Rouge

Les recommandations du Mouvement à l’intention des États, des décideurs, des défenseurs et des professionnels de la santé mentale et du soutien psychosocial sont notamment les suivantes :

  • Faire en sorte que les personnes touchées par la pandémie aient un accès rapide et pérenne à des services de santé mentale et de soutien psychosocial.
  • Intégrer la santé mentale et le soutien psychosocial dans toutes les activités déployées pour faire face aux besoins découlant de la pandémie.
  • Privilégier la protection de la santé mentale et du bien-être du personnel et des volontaires qui s’emploient à répondre aux besoins humanitaires dans le contexte de la pandémie.

« Le Covid-19 offre une occasion historique de transformer des engagements en actions. Ne pas la saisir reviendrait à ancrer durablement les effets préjudiciables de la crise sur les plans économique, social et sanitaire », affirme M. Mardini.