Syrie: entre Damas et Homs, une mission délicate pour renforcer l'aide humanitaire

« Damas aujourd'hui. C'est ma quatrième visite en Syrie depuis le début de la guerre. Lors de mon premier voyage en Syrie, j'ai visité des villages qui venaient d'être détruits. Les populations avaient dû fuir leurs maisons bombardées en laissant derrière elles tous leurs biens. Cinq ans plus tard, la guerre n'a toujours pas pris fin. Les habitants sont toujours déplacés ou, complètement coupés du monde, dans des zones assiégées.

Rien ne peut plus être tenu pour acquis, pas même les choses les plus élémentaires–nourriture, eau, abri, soins de santé ».

Peter Maurer, président de la Croix-Rouge internationale (CICR, Comité International de la Croix-Rouge), a passé toute cette semaine en Syrie, au plus près des équipes de bénévoles qui luttent au jour le jour pour assister les populations.

Il a partagé le quotidien de toutes ces personnes meurtries, usées par ce conflit dont on ne voit la fin. Il a pu entendre l'histoire de Mahmoud, un jeune garçon de 13 ans qui vit relié à un appareil de dialyse, ou celle de Loujain, une petite fille de 5 ans, déplacée de Deir ez-Zor, qui nécessite une intervention chirurgicale pour traiter sa maladie rénale que sa famille ne peut pas se permettre de payer.

Hôpital bombardé en Syrie
Un hôpital bombardé. Un hôpital détruit signifie 100 à 1000 personnes
laissées sans soin.

 

Onze mille volontaires de la Croix-Rouge travaillent dans tout le pays. Peter Maurer en a rencontré des dizaines, dans un centre de santé à la périphérie de Damas. « J'ai également revu des connaissances faites en 2012 alors que la guerre ne faisait que commencer. Leur travail venait lui aussi de débuter. L'homme que j'ai rencontré cette année-là dans un sous-sol et qui aidait les patients dans une salle de premiers secours de fortune est devenu le directeur d'une équipe d'intervention pleinement opérationnelle. La guerre forme des professionnels de très haut niveau ».

Croix-Rouge en Syrie

La guerre compte aussi son lot de victimes parmi le personnel de santé 

Depuis le début de la guerre, 53 volontaires de la Croix-Rouge ont été tués alors qu'ils tentaient de sauver la vie d'autrui.

« J'ai enchaînés les réunions marathons avec toutes les autorités liées à nos opérations en Syrie » témoigne Peter Maurer. « Nous sommes prêts à augmenter nos livraisons d'aide à travers tout le pays. Mais il faut tenir compte des délais importants pour acheminer les colis alimentaires et des garanties sécuritaires à obtenir dans certaines zones dangereuses. Chaque prestation d'aide prend ainsi des semaines et des mois de planification. Nous devons continuellement ajuster notre organisation et accélérer l'acheminement. La population a besoin de nourriture et d'ustensiles de cuisine, de couvertures et d'abris, mais aussi de soins de santé et de médicaments ».

Un besoin accru d'aide humanitaire

La triste réalité montre hélas que malgré l'augmentation constante des opérations de la Croix-Rouge ces cinq dernières années en Syrie, le besoin en aide humanitaire s'est accru encore bien plus rapidement. « Nous voulons et devons réduire cet écart : c'est pour cela que nous devons continuer de négocier avec les autorités et planifier notre aide ».

Quelques chiffres

  • 5 ans de conflit en 2016
  • Plus de 250.000 morts et un million de blessés
  • 13 millions de personnes ont besoin d’une aide d’urgente, dont 5 millions d’enfants
  • 8 millions de personnes déplacées dans le pays
  • 500.000 personnes coincées sans aucune aide dans des zones assiégées
  • 105 attaques contre le personnel de santé en 2015

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