Aujourd'hui, découvrez le témoignage de Jean-Luc #MasterSurvivors2017

Derrière les chiffres, il y a des visages et des histoires singulières. Les bénévoles de la Croix-Rouge, chaque jour, vont à la rencontre des personnes sans abri et tentent de leur apporter un peu de réconfort.

" Je m’appelle Jean-Luc, j’ai 44 ans. Je suis né près de Bruxelles où j’ai eu une jeunesse heureuse. Rien ne me préparait au drame que j’ai vécu.

En 1988, mon diplôme de chaudronnerie en poche, je me suis installé avec ma petite amie. 12 ans plus tard, un cancer me l’enlevait en seulement quelques mois. Je suis tombé dans une grave dépression et j’ai fini par perdre mon travail. Comme je n’arrivais plus à payer mon loyer, je me suis retrouvé à la rue.

Jamais je n’aurais cru que la descente soit aussi rapide, et surtout que ça puisse m’arriver, à moi, un gars travailleur et honnête.

Un soir où je dormais sur mon bout de carton à la sortie d’un supermarché, dans mon sommeil j’ai entendu du bruit. Je me suis réveillé et ce que j’ai aperçu en premier, c’est le sourire d’Evelyne. Et tout de suite après, j’ai vu son gilet de Croix-Rouge. Elle faisait une « tournée » de nuit avec une équipe de bénévoles. De sa voix douce et rassurante, elle m’a demandé si je voulais un café bien chaud. J’ai d’abord refusé… Mais Evelyne était tellement gentille que j’ai fini par accepter. Elle m’a pris la main, je l’ai serrée très fort.

Elle est restée un long moment à m’écouter lui raconter ma vie d’avant. Personne ne m’avait adressé la parole depuis des mois, et là je devenais quelqu’un. Pour la première fois, je réalisais que quelque part, des gens pouvaient m’aider.

Quand on a tout perdu, la plus petite attention vous redonne tellement d’espoir ! Avec son équipe, Evelyne est revenue régulièrement. Elle nous apportait un petit quelque chose à manger, à Gabi et à moi. Gabi, c’est mon chien. Sur les conseils d’Evelyne, j’ai trouvé une place dans un centre. On m’a aidé dans mes efforts de réinsertion et au bout de quelques mois, j’ai réussi à trouver un petit job.

Comme une chance n’arrive jamais seule, un peu après j’ai rencontré quelqu’un. Aujourd’hui on vit dans un petit appartement. Souvent, avant de partir au travail, quand j’avale mon café, je repense à ce café chaud que m’a tendu Evelyne un soir ; et à ce qu’il m’a apporté.

Aujourd’hui, moi, je suis tiré d’affaire. Mais il y a encore tellement d’hommes, de femmes et de jeunes qui dorment toujours dans la rue, qui affrontent le froid, la faim, la fatigue, les problèmes de santé, la solitude, et qui ne demandent qu’à s’en sortir.

Alors si vous le pouvez, aidez les bénévoles de la Croix-Rouge ! Donnez-leur les moyens de distribuer davantage de repas chauds, d’accueillir et d’héberger davantage de personnes, et de leur offrir ce petit coup de pouce qui peut tout changer.

La rue, ça peut arriver à tout le monde, du jour au lendemain."

 

 

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