6 mois après les attentats de Bruxelles, la Croix-Rouge teste un système pilote d'alerte rapide

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Six mois après les tragiques événements de Bruxelles, la Croix-Rouge a amélioré le système d'alerte qui se déclenche en cas de désastre ou d'attentat. A la clé : des services de secours qui seront mieux coordonnés et plus réactifs sur le terrain.

« Avant les attentats de Bruxelles, nous avions déjà revu pas mal de choses, suite aux attentats de Paris. Nous nous tenions prêts. Quand les attentats de Bruxelles ont eu lieu, tout le monde a remarqué la grande capacité de la Croix-Rouge à réagir dans l’urgence. Aujourd’hui, six mois plus tard, nous avons tiré les enseignements et amélioré d’autres points pour nous rendre encore plus performants, comme la mise en place d’un système d’alerte très rapide ».

Le 22 mars 2016, voici tout juste six mois, Jean-François Calloud, chef du service de secours et ambulance de Bruxelles-Capitale, se trouvait dès les premiers instants au Centre stratégique de coordination, avec les autres services de secours, police, pompiers…

Il se souvient. « Nous avions déjà eu pas mal de questionnement suite aux attentats de Paris et, « sur papier », nous étions préparés, notamment à ce que des actes terroristes surviennent simultanément sur des sites différents, comme à Paris. Nous avions 5 véhicules de première urgence prêts à partir de différents endroits de Bruxelles ».

Ces 5 véhicules étaient tous  équipés d’un « coffre catastrophe », lequel contient tout le nécessaire d’urgence pour soigner 10 victimes en urgence absolue, 20 victimes en urgence relative et 30 victimes présentant des blessures superficielles.

Ensemble, ces 5 coffres permettent donc de secourir 300 blessés de tout ordre. « Depuis les attentats de Bruxelles, la Croix-Rouge a investi 40.000€ de matériel d’urgence supplémentaire pour compléter ces coffres, en fonction des blessures que nous avons eu à traiter le 22 mars. Des garrots, par exemple, ont été rajoutés. Ensuite, nous assurons toujours une garde avec 2 véhicules d’urgence prêts à partir sur le champ ».

Poppy, future norme dans les services de secours? 

Le système d’alerte a également été revu. « Avant tout le monde était prévenu par téléphone. Donc on perdait pas mal de temps à alerter tous les intervenants. Aujourd’hui, un de nos secouristes ambulanciers, ingénieur de métier, a mis au point un système appelé « Poppy alert » qui pourrait devenir la norme dans les services de secours ! Certains hôpitaux sont déjà équipés. Quand l’alerte est lancée, le système envoie automatiquement trois signaux à tout le monde : par mail, par SMS et par un bip sur le « pager » Astrid. Ça permet de gagner un temps précieux. »

Par ailleurs, la centrale 112 en cas d’alerte sérieuse met également la Croix-Rouge dans la boucle, immédiatement, ce qui n’était pas le cas avant les attentats du 22 mars.

« Le 112 alertait le directeur médical de la zone concernée, ainsi que l’inspecteur d’hygiène. Eux prévenaient la Croix-Rouge si nécessaire. Désormais, nous sommes tout de suite prévenus, de la sorte nous pouvons prévenir nos secouristes et nous mettre en pré-alerte. Les volontaires se tiennent prêts à intervenir ».

Notons que six mois plus tard, nous sommes toujours au niveau 3 d’alerte terroriste et que, en conséquence, des mesures de sécurité renforcées sont toujours d’application dans les dispositifs préventifs de secours.

Six mois plus tard, quelques secouristes intervenus lors des attentats sont aussi toujours suivis par notre service psycho-social. Tous, néanmoins, ont souhaité poursuivre avec la même assiduité leur volontariat au sein du service de secours ! 

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