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Croix-Rouge de Belgique
30.03.2015 | Croix-Rouge

L’exercice catastrophe, pour se préparer au pire et tester la coordination de tous les intervenants secours

L’exercice catastrophe, pour se préparer au pire et tester la coordination de tous les intervenants secours

L’exercice catastrophe, pour se préparer au pire et tester la coordination de tous les intervenants secours

Une épaisse colonne de fumée noire s’élève dans le ciel carolo. Tandis que les sirènes des premiers véhicules d’urgence retentissent, des curieux stoppent leur véhicule le long de la nationale qui longe le parking P3 de l’aéroport de Charleroi. Un petit avion, avec 20 personnes à bord, vient de s’écraser sur le parking, heurtant violemment au passage un bus chargé de 25 passagers et deux véhicules, qui se sont embrasés sous le choc. Une troisième voiture est coincée sous la carcasse de l’avion… Huit personnes sur le parking sont également du nombre des victimes. On compte plusieurs morts.

260 personnes pour un exercice catastrophe de grande ampleur

Scénario catastrophe pour un exercice du même nom, criant de réalisme, préparé depuis des mois par les diverses composantes des secours: polices locale et fédérale, pompiers, secours médicaux… tous réunis à la demande des autorités aéroportuaires de Charleroi, qui souhaitaient évaluer leur plan d’urgence.

Au total, quelque 260 personnes, dont de nombreux évaluateurs, ont été mobilisés, et, bien sûr, les secouristes et ambulanciers de la Croix-Rouge qui étaient une bonne quarantaine sur place. Sans compter les cinq ambulances Croix-Rouge et les véhicules d’intervention rapide contenant tout le matériel logistique,  ce qui a permis de monter en urgence, à même le parking, un gros poste médical avancé en dix minutes seulement.

Tester la rapidité et la coordination des intervenants

L’exercice catastrophe sert à tester la rapidité d’intervention et la bonne coordination de terrain de toutes les forces en présence, explique Eddy Quensier, manager des opérations de secours et co-organisateur de l’exercice avec le Dr Bernadette Cuvelier, la directrice médicale du CHU de Charleroi. Et de rappeler que, traditionnellement, la Croix-Rouge, auxiliaire des pouvoirs publics est parmi les premiers intervenants lors de catastrophes.

Dans le cas de l’exercice de l’aéroport, une première alerte a été envoyée vers 10h30, puis, rapidement, une seconde, gonflant les moyens d’intervention, jusqu’au déclenchement du plan catastrophe, quelques minutes plus tard.

D’abord sécuriser les lieux

Dans un premier temps, c’est l’unité spéciale des pompiers de l’aéroport qui est informée la première (quand l’avion, toujours en vol, signale déjà les difficultés) et arrive immédiatement sur place, sécurise les lieux, éteint les incendies et évacue au plus rapidement les victimes des carcasses de l’avion et du bus.

Gérer les nombreuses victimes

C’est seulement une fois que les lieux sont sécurisés que les secours médicaux sont admis à intervenir sur le théâtre de la catastrophe. Le premier médecin du SMUR sur les lieux joue le rôle de « directeur médical » (DirMed)  et procède au premier « tri » des victimes avec des macarons de couleur:

  • vert quand les blessures sont inexistantes ou légères
  • jaune quand la prise en charge s’impose
  • rouge quand il y a urgence

A l’entrée du poste médical avancé (PMA), où les brancards font la file, une secouriste de la Croix-Rouge encode les victimes entrantes grâce au logiciel inédit Gessica (mis au point par la Croix-Rouge de Belgique) qui permet au médecin responsable de visualiser en un coup d’œil le nombre des victimes et la gravité des blessures.

Un exercice qualifié de « bon » par les organisateurs, mais qui a également permis de démontrer aux intervenants secours que la gestion d’une catastrophe doit, pour être efficace, être coordonnée de façon presque militaire! Notons que de nombreux secouristes de la Croix-Rouge ont déjà suivi, pour leur part, un  module spécial de formation à cet effet…

Les secouristes de la Croix-Rouge gèrent chaque année entre 60 et 70 appels de « prés-alertes » et « alertes » de situation d’exception sur l’ensemble de la communauté francophone.