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Haïti – 6 mois après

La Croix-Rouge construit en toute urgence des abris provisoires

Suite au tremblement de terre qui a dévasté Haïti le 12 janvier, les agences d’aide d’urgence ont réussi, endéans les 2 derniers mois, à construire plus de 5000 abris temporaires, permettant ainsi à plus de 28.000 personnes de bénéficier d’un logement plus sûr.

La Croix-Rouge se prépare à la saison des ouragans en offrant une plus grande protection aux personnes installées dans des camps situés dans les zones touchées par le séisme et intensifie ses efforts de préparation aux catastrophes dans tout le pays.

Après un début plutôt lent lié au manque de terrains disponibles et aux problèmes de déblaiement, une dynamique de construction d’abris de transition s’est maintenant mise en place.

Certes temporaires, ces structures sont solides et résistantes et offriront une protection à ces familles durant la période des ouragans qui arrive. La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge font construire de tels abris à Léogâne, à Jacmel et à Port-au-Prince.

 

Pour la première fois, l'espoir se lit dans le regard des gens

Le camp de fortune érigé à Cité Soleil, l'un des quartiers les plus pauvres de la capitale haïtienne, est en effervescence. Un bulldozer manœuvre sur le terrain accidenté, nettoyant les tas d'immondices qui se sont accumulés depuis l'arrivée de centaines de familles déplacées suite au séisme du 12 janvier dans le camp de l'Annexe de la Mairie, un terrain public situé près de la mairie.

Des hommes du camp travaillent aux côtés des charpentiers et des volontaires de la Croix-Rouge, collaborant à la construction des 300 premiers abris provisoires destinés à la communauté (des petites maisons de bois couvertes de toits en tôle ondulée).

Jouant de leurs muscles sous la chaleur brûlante de la mi-journée, les hommes hissent les cadres en bois et les positionnent sous l'œil professionnel de Pascal Panosetti, délégué chargé de l’hébergement et responsable de projet pour la Croix-Rouge.

"Pour la première fois, l'espoir se lit dans le regard des gens", dit-il. "Avant le séisme, leurs conditions de vie étaient très difficiles. C'est encore pire aujourd'hui. Ils vivent dans de minuscules cabanes qui sont inondées chaque fois qu'il pleut. Je me réjouis qu'ils aient un toit sur la tête et un endroit où ils pourront vivre en sécurité."

 

Nous rappelons que les dons sont toujours indispensables,
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Ces abris provisoires sont les premiers construits par la Croix-Rouge dans la capitale haïtienne. Cette ville surpeuplée de 38 kilomètres carrés abrite près du tiers des 8,4 millions d'habitants de l'île. Le manque d'espace a été un obstacle majeur pour trouver des terrains où construire des maisons temporaires.

Après plusieurs mois de négociations, le maire de Cité Soleil a autorisé la Croix-Rouge à bâtir des abris destinés à 300 familles vulnérables pendant une période initiale de 18 mois. Des négociations sont en cours concernant un terrain susceptible d'abriter les familles qui restent.

En mai, 300 familles qui souhaitaient quitter le site ont reçu des kits d'urgence et des outils afin de construire leurs propres abris sur les sites de leur ancienne maison. D'après Pascal Panosetti, 120 familles vivant sur le site possèdent un terrain. Son objectif est de les contacter par SMS pour savoir s'il serait possible d'y construire des abris.

 

Les plus vulnérables des vulnérables

Une évaluation détaillée des besoins des familles restant sur le site est en cours. Ce qui est sûr, lorsque l'on marche à travers les allées étroites séparant les cabanes de tôle ondulée recouvertes de bâches en plastique, c'est que de nombreuses personnes vulnérables touchées par le séisme vivent ici.

"Il y a tant de besoins et de souffrance", commente Jean Robert Joseph, un graphiste professionnel, membre du comité chargé de gérer le camp qui vient tout juste de peindre le nouveau bureau du comité et de l'entrepôt. "Nous avons beaucoup de mères célibataires, de femmes enceintes, ainsi que des personnes âgées et handicapées."

 

Témoignages

Carmita Nordeis, 80 ans, est aussi frêle qu'un moineau. Sa fille est morte en couche et son fils a succombé à une maladie mortelle. Ses quatre petits-enfants, qui sont âgés de 11 à 23 ans, vivent avec elle dans le camp.

"Notre maison a été endommagée par le séisme et le propriétaire a augmenté le loyer ; nous n'avions pas d'autre choix que de venir ici", dit-elle, stoïque.

Charles Esperance, 62 ans, son plus proche voisin, est tout aussi philosophe. Ses bras et ses jambes ont été déformés par les effets du paludisme dont il a souffert pendant son enfance. Il ne peut se déplacer que dans une chaise roulante construite à partir d'une chaise en plastique et de deux roues de bicyclettes. Il raconte qu'il a pu survivre au séisme en rampant sous les décombres.

Charles Esperance n'est pas le seul habitant du camp à se déplacer en chaise roulante. Chrissiane, 75 ans, a perdu l'usage de ses deux jambes après le séisme et a dû être hissée sur sa chaise par ses neveux et nièces.

"J'ai deux enfants, avoue-t-elle, mais je ne sais pas où ils sont. La dernière fois que j'ai entendu leurs voix c'était le 12 janvier."

 

Premier terrain public

Avec le projet de L’Annexe de La Mairie, c'est la première fois que la Croix-Rouge dispose d'un terrain public pour construire des abris provisoires.

La Croix-Rouge construit actuellement des maisons en dehors de la capitale, à Léogâne, Jacmel et Petit Goave, sur des terrains appartenant aux bénéficiaires et sur lesquels étaient situées leurs anciennes maisons.

“Nous commençons par ceux qui possèdent ou ont hérité d'un terrain", explique Celia Pastor, une juriste travaillant pour la Croix-Rouge espagnole. "Nous sommes en train de négocier avec le maire de Léogâne afin de permettre à ceux qui louaient ou squattaient des maisons détruites par le séisme de disposer d'un terrain.

 

Après un début lent, les constructions s’accélèrent

Après des débuts lents du fait du manque d'espace, des problèmes liés à la propriété des terrains et des immenses travaux de déblayage sur les sites où les maisons se sont effondrées, les choses sont en train de s'accélérer. Le gouvernement haïtien a autorisé la construction de 800 abris provisoires à La Piste, l'un des camps les plus importants de Port-au-Prince, qui abrite près de 50 000 personnes. Le site a été nettoyé et la Fédération internationale et les équipes de la Croix-Rouge canadienne procèdent actuellement à des opérations de sondage.

La Croix-Rouge travaillera en étroite collaboration avec le gouvernement dans le choix des familles bénéficiaires.

Dans le camp de l'Annexe de la Mairie, les quatre premiers abris ont été construits. Fixés au sol par des goujons en acier et construits dans un bois qui résiste à l'eau, ils sont conçus pour résister à des ouragans de catégorie 1 et des vents soufflant à 100 kilomètres à l'heure.

Le charpentier Emmanuel Charles travaille depuis deux semaines au côté de la population et des volontaires de la Croix-Rouge haïtienne.

"Chacun de nous fait le maximum. Nous sommes haïtiens et, dans ces moments difficiles, nous voulons faire en sorte que d'autres haïtiens puissent reconstruire leurs vies."

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12/05/2010

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