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Projets au Sri Lanka

Sur les côtes du Sri Lanka, à 4 000 km de l’épicentre du séisme, on dénombre :
  • 31 000 morts
  • 21 000 blessés
  • 5 000 disparus
  • 100 000 maisons détruites
  • 500 000 sinistrés ayant quittés leurs foyers
Une mission d’identification des besoins a été réalisée en janvier 2005 au Sri Lanka par la Croix-Rouge de Belgique, en étroite collaboration avec la Croix-Rouge luxembourgeoise.

Cette mission a défini 3 grands axes d’intervention dans le district de Kalutara (40 km au Sud de Colombo) qui s’étalent sur une période de 4 ans.

Les projets visent tous la reconstruction et se situent sur différents plans :

1. Nettoyage des zones saccagées par le tsunami (Kalutera)


Timing
Avril 2005 - Février 2006
Zone
Division de Beruwala, district de Kalutara.
Budget
100 000 € (Financement CRL / CRB)
Objectif
Nettoyage des zones saccagées de Beruwala

En quelques chiffres
  • 11.466 journées de travail 
  • 1006 maisons nettoyées 
  • 3km de littoral
L’activité de nettoyage a démarré avec pour objectif premier de nettoyer les maisons individuelles des débris et de redonner aux familles un nouvel espoir en amenant jusqu’à elles les secours.

Trois équipes de 20 personnes (10 volontaires de la Croix-Rouge sri lankaise (SLRCS) et 10 membres des familles de bénéficiaires) ont consacré 7 heures par jour à cette activité de nettoyage. Tous les volontaires ont perçu une indemnité journalière conformément aux directives nationales (entre 200 à 350 sri lankan roupies/jour). Les travaux étaient supervisés par un membre de la SLRCS et un délégué de la Croix-Rouge de Belgique.

Des équipements simples ont été mis à la disposition des équipes de nettoyage (gants, bottes, masques et outils) et dès le mois de juillet 2005, une entreprise locale (avec excavateur et camions) a été employée pour permettre l’enlèvement des gros débris.

L’équipe psychosociale a complété ce travail en offrant aux familles, entre autres, un espace de parole et de rencontre sur les conséquences de cette catastrophe.

L’activité de nettoyage a été planifiée sur une durée de 10 mois à partir du mois d’avril 2005. Elle concerne les sous-divisions de Kuda Paiyagala South, Paiyagala North, Maha Paiyagala, Maggona West (division de Beruwala, district de Kalutara). Au total, plus de 11,000 journées de travail ont été prestées.

En février 2006, plus de 1000 maisons ont ainsi été nettoyées, ainsi qu’une bande côtière de 3 km et des canaux dans la ville de Beruwala.

2. Reconstruction de maisons détruites par le tsunami à Kalutera


Timing
Avril 2005 - Juin 2009
Zone
Division de Beruwala et Panadura, district de Kalutara.
Budget
5 650 000 € (Financement CRL / RKV / CRB 12-12)
Objectif
Reconstruction de 496 maisons unifamiliales

En quelques chiffres (juin 2009)
  • 496 maisons finalisées
  • 5 centres communautaires
  • 2 bibliothèques
Au Sri Lanka, plus de 98 000 maisons ont été endommagées ou détruites par le tsunami. Très rapidement, le gouvernement sri lankais s'est engagé à ce que chaque famille ayant perdu sa maison puisse être relogée soit sur le même site soit dans un lotissement plus éloigné de la côte.

Le mouvement Croix-Rouge en général s'est engagé à participer (au sens large, y compris cofinancer) à la reconstruction d'environ 30 000 maisons au Sri Lanka. C'est dans ce cadre que la Croix-Rouge de Belgique a élaboré ce projet.

L'essentiel des maisons ont été construites selon le principe du Cash for housing. L’originalité de ce concept de construction est la prise en charge directement par la famille de la réédification de la maison. Il ne s’agit donc pas de fournir des maisons clé sur porte, mais bien d’impliquer les bénéficiaires dans les travaux : ils recrutent eux-mêmes les maçons et achètent eux-mêmes le matériel nécessaire.

Pour la bonne réalisation de celle-ci, les bénéficiaires reçoivent une aide financière et un encadrement technique quotidien de spécialistes locaux et internationaux de la Croix-Rouge de Belgique.

Des plans de construction (conformes aux normes nationales et validés par les autorités locales) et leurs listes de matériaux ont été développés par la CRB et l’administration locale. Les plans ont ensuite évolué en fonction des observations de terrain ainsi que des nouvelles normes développées par le gouvernement.

Une aide financière est allouée à chaque famille bénéficiaire. La distribution des traites est publique et étalonnée en fonction des étapes de construction. Au début de chaque étape, une réunion d’information et de discussion est réalisée avec l’ensemble des bénéficiaires. C’est lors de ces réunions que la Croix-Rouge de Belgique discute des difficultés et des points d’attention liés à la prochaine phase de construction. La plupart d’entre eux ne sont bien entendu pas spécialisés en construction, aussi la Croix-Rouge les assiste par une supervision quotidienne des chantiers au travers de son équipe locale qualifiée.

La rapidité de mise en œuvre de cette méthode, son approche participative et son coût moins élevé sont de plus en plus reconnus au Sri Lanka et dans l'ensemble du Mouvement Croix-Rouge.

En fin d’année 2007, le coût de construction d’une maison en « cash for housing » était estimé à environ 6.000 € par maison (sans infrastructure) et de 7.800 € avec les infrastructures (routes d’accès, connexion aux réseaux d’eau et d’électricité) lorsque les maisons sont reconstruites sur de nouveaux terrains alloués par le gouvernement.

Dans le cas où la maison était construite au travers d’un cabinet d’architecte-consultant, ce coût était estimé à 9.600 € sans les infrastructures et à 12.900 € avec les infrastructures.

Parallèlement au programme de construction, la CRB a développé un programme communautaire au sein même des sites de reconstruction. Le but de ce programme était de créer des organisations à base communautaire. Ces organisations favorisent en effet le développement d’activités collectives améliorant la situation des communautés, et encourageant l’intégration des nouvelles communautés implantées.

3. Le projet d'aide psychosociale aux victimes du Tsunami


Timing
Avril 2005 - Avril 2008
Zone
Division de Beruwala, district de Kalutara.
Budget
600 000 € (Financement CRL / CRB 12-12)
Objectif
Rétablissement des dynamiques individuelles et communautaires au sein des communautés touchées par le Tsunami

En quelques chiffres (septembre 2007)
  • 2 750 familles
  • 8000 visites
  • 17 travailleurs psychosociaux de la SLRCS
  • 1 délégué de la CRB
  • 200 volontaires (facilitateurs communautaires)
Les désastres tels que le raz de marée du 26 décembre 2004 sont à l’origine de troubles émotionnels. Ces réactions constituent un mécanisme naturel d’adaptation face à une situation critique.

Cependant, si les populations ne retrouvent pas un environnement familier et une activité sociale ou économique stimulante, le risque d’apparition de troubles psychologiques plus graves est important.

Les programmes de support psychosocial (PSP) visent à soulager les souffrances émotionnelles de victimes directes et de leurs proches pour que les personnes touchées soient aptes à reprendre une vie aussi normale que possible et à contribuer à la vie de leur collectivité. 

Les activités du programme d’intervention psychosociale se concrétisent par :
  1. Plus de 8000 visites  auprès de 2750 familles au cours desquelles celles-ci ont reçu une présence et des entretiens réguliers offrant un espace d’écoute, d’échanges et, lorsque nécessaire, un soutien émotionnel. 
  2. La création ou réactivation d’initiatives collectives ainsi que de liens de collaborations à l’intérieur des communautés. Pour ce faire, plus de 50 groupes à vocation très diverses ont été activés  (comités de reconstruction, groupes pour personnes âgées, théâtres de rue, sociétés d’enfants, etc).
  3. 800 activités communautaires organisées dans le cadre de ces initiatives collectives avec le soutien des travailleurs psychosociaux du projet. Ces activités ont contribué à resserrer les liens entre les membres des villages, à (re)stimuler des dynamiques collectives. Ces événements ont également été très variés : éducatifs, sociaux, culturels, ludiques, et sportifs.
  4. Une aide matérielle pour 607 familles. Celle-ci a été apportée dans les premiers moments suivant la catastrophe pour des familles ayant perdu des objets de première nécessité dans leur maison ou du matériel indispensable pour reprendre leur activité génératrice de revenu.
Ces diverses activités ont contribué à resserrer les liens entre les membres des villages, à (re)stimuler des dynamiques collectives et, par conséquence, à traiter les dégâts psychosociaux liés au tsunami. D’autres activités ont davantage contribué à (re)stimuler les personnes et familles qui avaient perdu la motivation d’entamer des démarches longues et incertaines pour rétablir un niveau matériel équivalent à celui qu’ils avaient avant le tsunami. Par là, le projet a aussi contribué à les dégager d’un cercle vicieux de dépendance aux aides humanitaires.

Les travailleurs psychosociaux se sont retirés de manière progressive, s’assurant auparavant l’autonomisation graduelle des volontaires et de leurs groupes d’activités communautaires. Par ailleurs, 50 facilitateurs volontaires ont rejoint la Croix-Rouge sri lankaise à la fin du projet.