Saint-Valentin : quand la Croix-Rouge rapproche les couples

Lors de conflits armés ou de catastrophes naturelles, au milieu de l’agitation et de la panique, des familles entières peuvent se trouver dispersées en quelques minutes. La Croix-Rouge aide ces personnes à renouer le contact. A l'occasion de la Saint-Valentin, retour sur une histoire qui se finit bien.

Septembre 2009, Daouda fuit le Congo

Septembre 2009. Daouda fuit le Congo à la hâte, suite aux tensions politiques.  Trois années durant il va être projeté dans les affres de la migration, d’un pays européen à l’autre, d’une cachette à l’autre, et aussi de refus administratif en refus administratif… L’homme réussit toutefois pendant tout ce temps, bon gré mal gré, à maintenir le contact téléphonique avec Mariama son épouse, restée au pays. 

Mais soudain, le silence s’installe.  Mariama ne reçoit plus d’appel et ses tentatives échouent toutes.  Son époux a disparu.

Mariama prend la route

Un an plus tard, elle-même décide de fuir le Congo et de tenter sa chance en Belgique où elle introduit une demande d’asile.  Elle ignore toujours où se trouve son époux.  C’est avec peu d’espoir, dès lors, qu’elle se présente en juin 2014 au Service Tracing de la Croix-Rouge de Belgique. Le service aide les familles séparées par les guerres, les migrations ou les catastrophes à se retrouver grâce au réseau Croix-Rouge, présent dans plus de 190 pays dans le monde. Chaque année, le Tracing permet ainsi à plus de 150 personnes de se reconstruire et de retrouver un être cher disparu…

Mariama relate son histoire au Tracing.  Et une première recherche dans nos bases de données nous renseigne le passage de Daouda sur le territoire belge !  Mais c’était un an plus tôt et depuis lors plus aucune trace de l’époux de Mariama…  Un registre consulté indique qu’il était présent dans la région de Verviers, sans plus.

Du réseau international de la Croix-Rouge à son maillage local

Le service initie alors des recherches plus approfondie au niveau national et européen.  A tout hasard, nous contactons aussi la Maison Croix-Rouge de Verviers pour, sait-on jamais… vérifier la présence de Daouda parmi les bénéficiaires de leurs activités !  Le président de la Croix-Rouge de Verviers prend le dossier très au sérieux.  Et pendant que les recherches européennes se déploient lentement, la Croix-Rouge locale, à Verviers, contacte divers acteurs sociaux de la commune. 

Quelques semaines plus tard, un réfugié d’origine togolaise, aidé par la Croix-Rouge de Verviers, reconnaît la photo de Daouda !  Il connaît cet homme, il pense qu’il fréquente le même lieu de culte mais, si c’est lui, il se cache car il vit sans papiers.  Il ne sera pas facile d’établir le contact…

Le Tracing propose alors à Mariama d’écrire un message à son mari pour permettre d’établir le lien plus facilement.  Grâce à ce message, il osera peut-être sortir de l’anonymat. Pendant ce temps, à Verviers, la Croix-Rouge tente par tous les moyens d’établir le contact avec l’homme de la photo, mais il n’apparait plus aussi fréquemment…  Jusqu’au jour où le réfugié togolais et Daouda prennent par hasard le même bus ! Un premier contact est établi mais l’homme a très peur et garde ses distances. Il est bien l’époux de Mariama mais il ne croit pas que sa femme soit en Belgique, il pense à un traquenard… 

Quelques jours plus tard, le miracle se réalise ! Un numéro de téléphone est transmis à l’épouse, et l’appel se traduit par beaucoup beaucoup de larmes.

Deux jours après cette discussion téléphonique, un rendez-vous est fixé à la Croix-Rouge de Verviers pour des retrouvailles des plus émouvantes.  Depuis lors, Daouda, a, comme son épouse Mariama, introduit une demande d’asile qui suit son cours. Le couple vit ensemble dans un centre d’accueil de la Croix-Rouge.  

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