#BrusselsAttacks : notre série de témoignages continue avec Mathieu

Pendant une semaine, nos volontaires mobilisés pour les attentats du 22 mars témoignent.

Mathieu est infirmier. Il était responsable du « tri » des victimes au poste médical de l’hôtel Thon

« Je travaillais comme infirmier à la clinique du Parc Léopold ce 22 mars. Je venais d’entrer en salle d’op pour une opération esthétique quand j’ai appris la nouvelle. La chirurgienne m’a libéré tout de suite : « ta présence est beaucoup plus importante là-bas ». J’ai filé à la section locale, je me souviens être passé rue de la Loi : rien n’était encore survenu à Maelbeek, tout était calme. On devait aller à Zaventem… Puis on est dérouté vers Maelbeek, je reviens rue de la Loi et c’est le chaos : des ambulances partout, de la fumée et cette odeur de brûlé. On n’oublie jamais ! Chaque mardi, quand je repasse rue de la Loi j’y repense…

Je me souviens comment nous avons transformé le hall de cet hôtel assez luxueux en poste de secours. Les T2 (blessés très sérieux mais non en urgence vitale) étaient installés à gauche dans le salon. Il y avait du sang partout sur la moquette…. Les perfusions étaient accrochées aux luminaires ! A droite de l’entrée, nous avions stocké notre matériel et les brancards. Des bus de la STIB évacuaient les T3 (blessés légèrement atteints) directement vers les hôpitaux. Dans les jours qui suivaient j’étais constamment sur le qui-vive, j’ai interdit à mes filles d’aller à des rassemblements de foule. On n’est pas préparé à cela. Il y avait un avant les attentats, il y a un après».

Mathieu est à droite

 

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