22 mars : le témoignage de Damien

Pendant une semaine, nos volontaires mobilisés pour les attentats du 22 mars témoignent.

Damien est secouriste – il est chef-adjoint du service de secours à la section locale de Woluwé-st-Lambert.

 

« Il est 8h10 quand mon « pager » résonne dans mon appartement alors que je suis en train de m’aérer les poumons sur la terrasse. Je contacte directement Gilles, mon responsable, pour lui demander ce qui se passe. Sa réponse claque : « il y a eu un attentat à l'aéroport de Bruxelles ». Comme adjoint de Gilles et mobilisateur d’équipe, je commence illico à contacter nos volontaires les plus proches géographiquement de notre local de Woluwé. Dix volontaires nous accompagneront sur cette catastrophe : ils sont secouristes,  infirmier(e)s ou encore logisticiens.

J'arrive au local vers 8h40 et nous commençons à charger le matériel pour partir vers l'aéroport. Sur le chemin nous sommes très vite envoyés vers Maelbeek. Vu l’ampleur de la catastrophe, nous décidons d’envoyer une alerte générale à tous nos volontaires. 25 de ceux-ci y répondront favorablement. 

Nous sommes sur place rapidement à une des sorties de Maelbeek, rue Joseph II, et je me souviens de cette odeur de soufre qui nous prend à la gorge.

Les infirmier(e)s entrent les premiers dans un petit local ou des victimes ont déjà été prises en charge par les ambulanciers et le SMUR  arrivés peu avant nous.

L'une de mes collègues sort de ce local et me dit « ce sont des blessures de guerre que nous n’avons pas l’habitude de voir ». J’interviens dans un local annexe, pour les victimes les moins touchées, que nous appelons les T3. Tout à coup, j’ai un vrai « bug » : je me suis arrêté, je ne réalisais pas, j’avais vraiment l’impression d’être dans un exercice et non la réalité... Très vite, je reprends mes esprits et commence à aider les personnes qui entrent dans le poste de soins. Nous avons ensuite rejoint l’Hôtel Thon et nos collègues d’autres sections locales. Mon boulot ce jour-là sera plutôt logistique: amener le matériel vers l’hôtel.

 A la fin de notre intervention, je me rappelle de ce moment où un volontaire qui venait de nous rejoindre me dit  « ça va Damien ?tu es tout blanc… »  Je pense que c’est à ce moment j’ai réalisé pleinement ce qui venait de se passer.

Ce 22 mars 2016 restera marqué dans ma mémoire, mais je suis prêt à encore servir au besoin ».   

 

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