La Croix-Rouge aujourd'hui: du front de guerre au front social


En 40 ans, le nombre de catastrophes naturelles a augmenté de 500%.
Sur la photo, des secouristes de la Croix-Rouge après le tremblement de terre en Haïti (2010).

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les chiffres fous de la Croix-Rouge

150 ans après sa création, la Croix-Rouge n’a vu disparaître aucune des lignes de fracture qui ont justifié sa création. Les catastrophes naturelles augmentent, les conflits se multiplient dans le monde. Entre 1970 et 2012, le nombre de catastrophes naturelles a augmenté de 500%

Au cours des dix dernières années, les 15 millions de bénévoles de la Croix-Rouge ont aidé plus de 160 millions de personnes dans le monde à faire face à des situations d’urgence, liées à des catastrophes naturelles, des guerres ou des troubles civils. 

L'action sociale: une priorité

Si le secourisme et l’urgence constituent toujours l’aspect le plus visible de l’action de la Croix-Rouge, l’évolution s’est néanmoins faite du front de guerre et des secours sur le champ de bataille ou lors des grandes catastrophes, vers le front social.

Pauvreté: des chiffres qui font peur


15,3% des Belges sont en situation de pauvreté

En 2014, 15,3% des Belges sont en situation de pauvreté. Cela signifie 1 Belge sur 7 ou 1.650.000 personnes. Un Wallon sur 5, un Bruxellois sur 4. En Wallonie et à Bruxelles, un enfant sur 4 âgé de 0 à 15 ans vit dans un ménage pauvre. Dans le pays, un senior sur 5 (20,2%) est pauvre.

Dans cette autre "guerremenée contre la crise et la pauvreté, la Croix-Rouge ne dispose pas d’autres armes que celles des dons et de l’appel à la générosité du public. C’est dans ce but que chaque année, depuis 1924, la "Quinzaine Croix-Rouge" se répète au printemps dans les rues du pays. 

La force de la Croix-Rouge? Ses bénévoles


La "Quinzaine Croix-Rouge" fêtera ses 90 ans! Comme chaque année, en avril-mai, faites bon accueil à nos bénévoles.

La Croix-Rouge de Belgique, en 2014, est forte d’un réseau de 25.000 bénévoles (11.000 pour la partie francophone). La majorité des bénévoles est désormais engagée dans des projets d’action sociale, d’aide aux plus démunis, aux personnes seules et isolées, aux personnes sans-abri, aux enfants de détenus et enfants précarisés.

Les demandes d’aide sont en constante augmentation d’au moins 10% par an. Le public se modifie: parmi nos bénéficiaires, nous comptons de plus en plus de travailleurs pauvres, de pensionnés, d’étudiants, de chômeurs et de familles monoparentales.

Les épiceries sociales: une réponse pour rebondir

Développées depuis 2010, les épiceries sociales sont aujourd’hui une des plus importantes réponses et actions sociales de la Croix-Rouge face à la précarité: au nombre de 24 en Wallonie et à Bruxelles, elles composent le plus vaste réseau de magasins solidaires de la Communauté française. Les épiceries sociales de la Croix-Rouge ont vu leur nombre doubler en quatre ans!


Dans les épiceries sociales, les denrées sont vendues à 50% du prix d’achat. La Croix-Rouge prend en charge les 50 autres pourcents.

Ces magasins accueillent prioritairement les personnes en situation de précarité, qui émargent au CPAS, mais on note depuis quelques années une extension de l’aide aux familles monoparentales, aux étudiants, aux pensionnés et aux personnes en médiation de dettes. Dans les épiceries sociales, les denrées sont vendues à 50% du prix d’achat. La Croix-Rouge prend les 50 autres pourcents à sa charge. Le coût annuel d’une épicerie sociale est donc élevé: en moyenne 20.000€ par épicerie.

Une épicerie aide en moyenne 40 familles, soit 960 familles pour le réseau ou environ 3.500 personnes. L’argent ainsi économisé représente un véritable coup de pouce pour ces familles qui peuvent le consacrer à d’autres dépenses, soins médicaux, frais scolaires, etc. Cette aide ponctuelle, mais non gratuite, leur permet souvent de rebondir et de passer un cap difficile, tout en conservant leur dignité, car nous ne sommes pas dans une logique d’assistanat pur.

Tout au long de l’année, la Croix-Rouge multiplie également les actions en faveur des personnes seules et isolées, tandis qu’un plan hivernal voit le jour chaque 1er novembre et apporte une réponse immédiate aux urgences sociales individuelles pendant l’hiver.