Emblèmes et Conventions de Genève: un peu d'histoire

Universellement reconnus, la croix rouge, le croissant rouge et le cristal rouge sur fond blanc sont beaucoup plus qu’un simple logo.

D’usage strictement réglementé, l’emblème officiel protège les victimes des conflits armés, les membres des services médicaux des armées ainsi que les collaborateurs du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge qui apportent leur secours sur le théâtre des opérations.

Toutefois, la Croix-Rouge ne peut pas agir en qualité de policier ou de juge. Ces fonctions reviennent aux gouvernements, qui ont ratifié les traités internationaux et qui sont tenus d’empêcher les violations du droit humanitaire. Ils ont en outre l’obligation de punir les auteurs d’actes qualifiés d’« infractions graves » au droit humanitaire ou de crimes de guerre.

Un peu d’histoire

Les Conventions de Genève constituent la pierre angulaire du droit humanitaire. La première d’entre elles fut signée par 16 pays en 1864. Depuis des siècles, les règles s’appliquaient à la conduite de la guerre, mais elles étaient fondées sur la coutume et la tradition, d’application locale ou temporaire. En 1864, tout changea, et un processus de création d’un corpus de droit, qui évolue encore aujourd’hui, a débuté.

Cinq citoyens de Genève sont à l’origine du projet de première convention. L’un d’entre eux, Henry Dunant, avait été témoin de la bataille de Solferino en 1859. Il avait été horrifié par l’absence d’aide apportée aux blessés. De ce constat est issu un des éléments clés de la première convention: le traitement avec humanité de ceux qui ne participent plus à la bataille, quel que soit leur camp.
C’est également à ce moment qu’un signe protecteur neutre pour ceux qui aident les victimes de conflits fut adopté: une croix rouge sur fond blanc, l’inverse exact du drapeau suisse.

Pendant un siècle et demi, le corpus du droit international humanitaire s’est étoffé. La Convention de Genève fut étendue, en 1906 et 1929, de façon à améliorer les conditions des soldats malades et blessés sur le terrain et à définir de nouvelles règles sur la protection des prisonniers de guerre.

En 1899 et 1907, les Conventions de La Haye, visant principalement à réglementer la conduite de la guerre, furent adoptées. En août 1949, les quatre Conventions de Genève, telles que nous les connaissons aujourd’hui, furent adoptées. Cette fois, elles incluaient également la protection des civils, reflétant la terrible expérience de la seconde guerre mondiale.

Par la suite, des Protocoles ont été ajoutés aux Conventions de Genève en 1977 et 2005, de sorte à étendre leur champ d’action (armes chimiques, mines terrestres, armes à laser, armes à sous-munition…).