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Pandémie de grippe A(H1N1). Du côté du Service francophone du Sang


Précisions de Véronique Deneys, directeur médical du Service francophone du Sang de la Croix-Rouge de Belgique.

Le service du Sang est-il prêt à faire face à une recrudescence de la pandémie de la grippe H1N1 ?

Nous sommes, à cet effet, en contact régulier avec le Comité de coordination interministériel Influenza afin de suivre l'évolution du dossier. Par ailleurs, nous nous y préparons depuis un peu plus de deux ans au travers d'une cellule de coordination réunissant les différents responsables de services de production (prélèvement, préparation des composants, laboratoire, gestion informatique de la production, distribution, hémovigilance) et des services supports (administration, communication, assurance qualité). Nous avons interrogé chacun d'entre eux en leur demandant quels seraient les services minimaux à garder et ceux qui pourraient être momentanément ajournés.

Quelles mesures avez-vous déjà prises dans ce cadre ?

Nous avons, par exemple, mis en place des procédures minimales. Plus concrètement, nous pourrions, en cas de besoin, faire appel à des volontaires ou des personnes non qualifiées pour nous aider à peser des poches, étiqueter des tubes, distribuer des collations lors des collectes... Ce qui nous permettrait de dégager le personnel paramédical de toute une série de tâches plus administratives pour se recentrer sur des tâches prioritaires : prélèvement, analyse de laboratoire, séparation du sang...

Ces personnes pourraient-elles agir au pied levé ?

Sans aucun doute, elles recevront une fiche technique décrivant la tâche à exécuter et seront, bien entendu, équipées de masque.

Serez-vous encore plus sélectifs au niveau de la sélection des donneurs ?

C'est une nécessité, nous mettrons en place une surveillance supplémentaire à l'aide d'un petit interrogatoire préliminaire comportant sept questions. Si un donneur répond positivement, ne fut-ce qu'à l'une des questions, il ne pourra même pas entrer dans le lieu de collecte.

Quelles sont ces questions ?

En fait, elles correspondent aux différents symptômes que pourrait présenter une personne atteinte du virus H1N1 :
  • Fièvre, frissons
  • Courbatures
  • Douleurs musculaires
  • Toux
  • Difficultés respiratoires
  • Mal de tête
  • Fatigue anormale
La pandémie risque-t-elle d'entraîner une diminution des prélèvements ?

Dans le pire des cas, on peut s'attendre à une diminution du nombre de donneurs de l'ordre de 25 à 30 % soit parce qu'ils sont malades, soit parce qu'ils devraient s'occuper d'un membre de leur famille. De surcroît; ce qui risque de se passer, si la pandémie prend une plus grande proportion, c'est que les autorités déconseillent de fréquenter les lieux publics : rassemblements de foule, cinémas, théâtres... Les collectes de sang pourraient être assimilées à des lieux publics. Il faut aussi tenir compte de l'exclusion éventuelle d'un plus grand nombre de donneurs pour des raisons de précautions renforcées.

Le virus pourrait-il encore muter ?

Oui, il pourrait muter vers une forme plus pathogène (qui engendre une maladie). Le taux de morbidité du virus H1N1 est moins élevé qu'en cas de grippe saisonnière. Mais ce qui laisse présager une recrudescence de la pandémie en octobre-novembre, c'est une combinaison du virus avec d'autres affections de saison : bronchites... Certaines personnes verraient ainsi leur immunité diminuer.

En parlant d'immunité, l'être humain peut-il fabriquer sa propre immunité ?

Il lutte en fabriquant des anticorps et des cellules "tueuses" dirigées contre le virus. Et c'est une chance !

Pourquoi un vaccin antiviral alors ?

Pour anticiper le fait que les personnes pourraient ne pas développer suffisamment vite leur défense.

Comment expliquez-vous le passage d'un virus porcin à un virus humain ?

C'est là le propre du virus, il travaille par colonisation. Il a constamment besoin de se multiplier et pour y parvenir, il va s'installer dans ce que nous appelons des cellules hôtes vivantes, animales dans un premier temps et puis humaines, dans le cas du virus H1N1.

Des petits conseils pour se protéger ?

Nous ne sommes à l'abri nulle part ! La transmission du virus H1N1 s'opère par les voies aériennes (salive, écoulement nasal, éternuements). Lavez-vous les mains et portez un masque si vous êtes en contact avec des personnes à risques. C'est une manière de se protéger soi-même et de protéger les autres. Et si vous souhaitez vous rendre à l'étranger, consultez le site www.influenza.be


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